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Open Data : de Berlin à Paris

June 21, 2010

(Zur deutschen Version geht’s hier lang)

Début juin, le Conseil Municipal de la ville de Paris a adopté une résolution qui a fait palpiter les cœurs du mouvement Open Data en France. La Ville de Paris a marqué sa volonté d’entrer dans l’ère des données publiques à l’exemple d’autres grandes villes comme San Francisco, New York et Londres. Peu à peu, les idées d’une diffusion des données publiques pour plus de transparence et de démocratie semblent porter leurs fruits. Cependant, cette résolution n’est que le premier pas dans la bonne direction car pour l’instant, elle ne vise qu’à étudier comment mettre en œuvre une politique de données ouvertes. L’Open Data en France reste donc encore tâtonnant même si des initiatives locales semblent aller dans le bon sens.

En tout cas c’est l’occasion pour nous de faire le point sur l’initiative parisienne et de voir ce qui se trame en matière d’Open Data à Berlin.

Le mouvement Open Data : petite définition

Le mouvement Open Data souhaite que les données publiques soient rendues accessibles, réutilisables et sans restriction d’usage.

En 2007, le groupe de travail américain « Open Government Data » définissait 8 principes pouvant servir de guide aux organisations et administrations, en voici notre traduction:

Les données doivent être

  • complètes
  • primaires (collectées à la source)
  • à jour
  • accessibles
  • « machine processables » (exploitables par ordinateur)
  • non-discriminatoires (accessibles pour tous)
  • disponibles sous un format dont personne n’a le contrôle exclusif
  • libres de licence

Enfin, l’Open Knowledge Foundation a défini les critères d’un savoir ouvert.

Les Américains ont pris une bonne avance sur la France et l’Allemagne et ce janvier 2010 le Royaume-Uni a suivi l’exemple américain en lançant le site web data.gov.uk. Les données brutes peuvent ainsi être réutilisées de façon nouvelle et individuelle ou même échangées entre les institutions.

Un bon exemple de ce que cela donne en pratique est le projet allemand OpenBerlin.net. Ce portail utilise les données du plan de relance économique allemand de novembre 2008 (dit « Konjunkturpaket II ») et les compare à la structure sociale de Berlin. Konjunkturpaket II, c’est 10 milliards d’euros d’investissement dans les communes et les Länder, principalement dans l’éducation, les crèches, les écoles, les universités et les infrastructures. OpenBerlin.net permet de visualiser et cartographier ces investissements à l’échelle de Berlin. Cela permet de voir comment les subventions sont réparties dans la population (chômeurs, écoliers, immigrants, écoles, crèches, etc…).

Un autre projet remarquable est le projet OpenStreetMap, créé par Steve Coast. Le principe en est de créer et fournir des données géographiques libres et réutilisables. Un peu à l’instar de Wikipedia, OpenStreetMap est un projet collaboratif.

Berlin

openberlin
CC Flickr alles-schlumpf

L’association berlinoise Open Data Network a été créée en septembre 2009. Depuis, elle a lancé plusieurs projets dont OpenBerlin.net et le registre OffeneDaten.de. Ce registre a pour but de trouver, collecter et rendre utilisables toutes les données publiques de la politique, de la science, des administrations et des bibliothèques du pays.

Lors de l’Open Democracy Camp (procès verbal en allemand), qui a eu lieu début mai, les différents acteurs du mouvement Open Data ont réfléchit sur les moyens d’une participation citoyenne accrue dans les développements politiques locaux et nationaux. Un atelier a par exemple présenté le projet “Open Transport Map” qui rassemble les données des différents transports en commun pour les rendre accessibles. On peut déjà trouver en ligne un autre projet présenté lors du Bar Camp: Mapnificent.de (inspiré de l’anglais Mapumental). Ce projet crée des liens entre toutes les données statistiques de la ville de Berlin pour les visualiser et les cartographier ensuite.

Aux côtés de l’Open Data Network, il existe aussi à Berlin l’association Liquid Democracy et Open Knowledge Foundation Allemagne.

Ce réseau d’initiatives citoyennes se construit peu à peu et se rencontre une fois par mois lors de réunions « open everything » mais ne bénéficie pas encore d’un soutien institutionnel et politique en matière d’ouverture des données publiques. Lors de la dernière rencontre, des groupes de travail ont été mis en place sur divers projets : pour la création de guides pour une utilisation des données ouvertes accessibles à chacun et pour que chacun puisse à son tour réaliser des projets; ou pour la création d’une « open data task force » pour un travail en collaboration avec des institutions et représentants publics.

Paris

Eiffelturm
CC flickr zebrafink74

Le premier Open Data Camp Paris (comptes rendus et vidéos) a eu lieu en décembre 2009. Il réunissait plus de 120 personnes venues de différents domaines (recherche, industrie, milieu associatif, journalisme, militants politiques ou encore des citoyens intéressés) qui ont participé aux ateliers et présentations autour du sujet des données publiques.

En ce qui concerne le texte proposé par le conseil de la ville, la déception a vite remplacé le premier élan d’enthousiasme. Depuis, des critiques ont fait surface, notamment de la part du collectif Regards Citoyens qui reproche à Paris de risquer le contre sens historique. En effet, la municipalité reste frileuse sur le choix politique de la licence libre et va de ce fait à l’encontre de l’essence même de l’Open Data:

Le texte initialement proposé visait à préparer la création de nouvelles licences sans aucune mention du libre accès, de la réutilisation et de la rediffusion des données. Le schéma parfait pour créer une machinerie complexe qui ferait payer une deuxième fois aux citoyens et aux entreprises les données produites et financées par les services publics. En effet, le projet de délibération évoquait des « licences-types » qui rappellent fortement l’APIE [Agence du Patrimoine Immatériel de l’Etat] et la « propriété des données dans le cadre de délégations de service public », ce qui offrirait la possibilité aux entreprises déléguant des services publics de faire enfin fermer les sites d’évaluation citoyenne comme celui des statistique du Vélib.

Le collectif a ensuite formulé un amendement dont l’exécutif parisien a en effet repris une partie des propositions. Même si les conditions politiques étaient réunies pour une ouverture des données à Paris, la seule vraie ouverture s’est jouée du côté de la communication (ouverture de compte twitter, annonce d’une plateforme pour les données de l’APUR [Atelier Parisien d’Urbanisme] fin 2010).

Chez Owni également on se pose quelques questions :

Les formats seront-ils standardisés ? les données seront-elles sémantisées ? quels dispositifs seront mis en œuvre pour inciter les citoyens à créer des applications ? une plateforme centralisée de mise à disposition de données sera-t-elle mise en place ? qui va se charger de la collecte, de la mise à jour et de la standardisation des données ?

Si l’événement parisien sonne comme une avancée importante, de gros efforts restent à fournir du côté de la municipalité afin de véritablement entrer dans l’ère de l’Open Data au-delà d’un effet de mode ou de communication. Puisque comme le souligne Regards Citoyens, un des points clés de l’Open Data est la question des licences libres.

Deliberation

Un grand merci à Benjamin Ooghe-Tabanou de Regards Citoyens pour avoir répondu à nos questions!


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