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Des élections allemandes à suspens

May 7, 2010

Le 9 mai prochain auront lieu les élections des députés du land allemand de la Rhénanie du Nord Westphalie (NRW). Ce land situé dans la région ouest de l’Allemagne est le plus peuplé (18 millions d’habitants, soit 23% de la population totale allemande) et le plus fort économiquement (22% du produit intérieur brut et 37 des 100 entreprises allemandes les plus importantes y sont installées).

Élections locales et signification nationale

Outre son importance économique, le résultat des élections pourrait influencer la politique nationale. En effet, l’issue du vote pourrait léser la majorité (alliance CDU-CSU FDP) qui pourrait se voir grignoter quelques sièges au Bundesrat (chambre haute du parlement fédéral qui représente les Länder) qui valide plus de la moitié des lois fédérales. La chancelière Merkel bénéficie d’une majorité très courte au Bundesrat (37 voix, la majorité absolue étant à 35). Le gouvernement aurait donc plus de difficultés à faire passer certaines de ses lois et réformes. Et c’est le premier test électoral pour la majorité. Donc, enjeu local certes mais signification nationale. En résumé, ces élections sont capitales.

Ce Land a longtemps été considéré comme un bastion historique et quasi indéboulonnable de la SPD. En 2005, au terme d’une lutte acharnée, il a été remporté par Jürgen Rüttgers (CDU) et ses alliés libéraux du FDP. Cette défaite de la SPD, ainsi qu’un contexte défavorable ambiant, avaient incité le chancelier de l’époque, Gerhard Schröder a organiser des élections législatives nationales anticipées, provoquant sa défaite et l’arrivée au pouvoir de Angela Merkel.

Aujourd’hui, le ministre-président sortant, Jürgens Rüttgers, est gratifié d’un bilan jugé plutôt bon mais n’est pas pour autant assuré d’être ré-élu. En effet, le contexte national défavorable au gouvernement, ainsi que des affaires douteuses de sponsoring de la campagne de Rüttgers pourraient mettre un frein à ses ambitions.

Flickr CC RüttgersConsidéré comme un conservateur modéré, incarnant l’aile sociale de la CDU, il n’en n’a pas moins dérapé lors d’un meeting à Duisburg en août 2009 en stigmatisant les travailleurs Roumains, les présentant, en substance, comme des feignasses incompétentes faisant honte à l’Allemagne qui se lève tôt. Modéré et social à l’évidence donc.Flickr CC Kraft

Face à lui, sa principale rivale, Hannelore Kraft (SPD), moins connue au niveau national, a déjà occupé à plusieurs reprises des postes ministériels dans les gouvernements régionaux.


Les compétences des Länder sont beaucoup plus étendues que celles des régions françaises. Ils s’occupent principalement de la police et de l’éducation mais également des questions liées à l’environnement ou l’aide sociale. Le choix des électeurs se fait donc plus souvent en fonction de thématiques locales que nationales. Cependant il semble que dimanche, la politique nationale aura une incidence sur les votes. L’impopularité de l’alliance gouvernementale de la droite chrétienne démocrate et des libéraux, les tensions manifestes entre les deux partis de la coalition, le plan d’aide européen à la Grèce approuvé par Angela Merkel et largement désapprouvé par la population allemande, un climat social et économique tendu et une hostilité croissante à l’égard de la guerre en Afghanistan, font craindre un vote sanction à l’alliance CDU-CSU / FDP.

Au coude à coude

A deux jours du vote, les sondages donnent les candidats au coude à coude et laissent ouvertes les possibilités de négociations et d’alliances.

Une enquête de l’institut Forsa pour l’hebdomadaire Stern publiée jeudi donnait 43% d’intentions de vote pour la coalition sortante CDU-CSU/FDP (37% pour la CDU-CSU et 6% pour le FDP).

CDu WahlplakatFDP Wahlplakat

Ensemble, le SPD et les Verts totaliseraient 47% (37% pour le SPD, 10% pour les Verts).

SPD Wahlplakat

Il faudra aussi regarder avec attention les résultats du parti Die Linke (dans le texte « la gauche », héritier du SED, parti communiste de l’ex-RDA). S’il parvient à passer la barre des 5%, il pourrait obtenir des élus pour la première fois dans ce Land.Linke Wahlplakat

Toutes les combinaisons semblent possibles. En allant des classiques CDU/FDP d’un côté et SPD et les Verts de l’autre, en passant par CDU/les Verts, ou encore SPD/les Verts et Die Linke.

Mais cette dernière option semble peu probable, certains membres du SPD n’étant pas vraiment enthousiastes à l’idée de s’allier au parti héritier du PC est-allemand. Certains s’accordent pour penser qu’une large coalition CDU/SPD serait au final la solution la plus plausible.

Suite et fin dimanche soir.

2 Comments leave one →
  1. May 9, 2010 6:39 am

    Hannelore Kraft ne gagnera que si elle s’ allie au Parti de Gauche. Avec les Sociaux Democrates allemands on ne sait jamais ce qu’ils vont faire. Il préférent souvent s’ allier aux Chrétiens Democrates !

  2. May 9, 2010 10:00 am

    C’est clair que si la SPD veut espérer reprendre la NRW, elle devra s’allier aux Verts et Die Linke (en partant du principe que Die Linke fasse 5%). Mais encore une fois, ça semble plutôt improbable. Mais de mon point de vue de française bien habituée au bi-partisme et à l’alternance, une coalition SPD – CDU me semble presque contre-nature. Même s’il peut y avoir des points communs sur les fondamentaux disons, il y a (ou il devrait y avoir) à mon sens de réelles différences entre les deux, comment en France entre l’UMP et le PS. Et en tant qu’électeur de l’un ou de l’autre, j’aurai du mal à ne pas me sentir lésé en cas de large coalition.

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